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Hommage à Laurent Désiré Kabila, continuateur des nobles combats de Patrice Lumumba.

Lumumba-KabilaLe document que nous publions ci-dessous sur la vie et l’œuvre d’un des plus grands patriotes et anti-impérialistes congolais a été publié, il y a quelques années, dans le journal L’EXILÉ. A l’occasion de la commération de l’assassinat des deux grands dirigeants congolais en ce mois de janvier, nous reproduisons ce document -qui par son analyse garde toute sa fraicheur- afin de rendre un vibrant hommage à tous ceux ou celles qui ont farouchement dénoncé, combattu la dictature et l’impérialisme en République Démocratique du Congo.

 Le 16 janvier 2001 a été marqué par un événement tragique pour l’Afrique: l’assassinat, de Laurent-Désiré Kabila, Président de la République Démocratique du Congo. C’était un coup terrible qui a frappé en plein cœur tous les patriotes, qui considèrent -à juste titre- sa disparition comme une grande perte pour les peuples congolais et africains. Il a été tué 30 ans presque jour pour jour après l’assassinat du patriote Patrice Lumumba dont il s’est toujours réclamé, tant dans ses déclarations que dans son action. Un symbole ! On raconte encore des tas de bêtises et de mensonges sur Laurent-Désiré Kabila, mais cela ne nous surprend pas. Ce que nous savons et qui s’avère indéniable, c’est qu’il a fait très tôt preuve de patriotisme, en se jetant dans la lutte anticolonialiste dont Patrice Lumumba était alors la figure emblématique. Nous savons comment ce dernier fut diabolisé, traité de tous les noms (dictateur, communiste etc.), puis finalement tué. Après cet assassinat et l’écrasement des mouvements de guérillas de Soumialot et de Pierre Mulele par les troupes de Mobutu, avec le soutien officiel et officieux des mercenaires des pays impérialistes, Kabila n’a jamais abandonné le combat. Ce qui est remarquable et constitue un exemple et une leçon pour tous les patriotes et les démocrates, c’est que Laurent-Désiré Kabila a toujours rejeté toute idée de compromis avec le régime de Mobutu.

Il n’a jamais laissé croire qu’un changement démocratique résulterait d’une entente avec ce dernier. Pour lui, il n’était rien d’autre qu’un tyran «qui a vendu le Congo», un personnage dont le départ devenait un préalable indispensable. Ce n’est certainement pas chez lui que l’on trouverait les termes de «mouvance présidentielle», de «sensibilité présidentielle». Aussi est-il de ceux qui se sont démarqués des «conférences nationales», et ont dénoncé celles-ci comme une nouvelle tactique de l’impérialisme pour sauvegarder les régimes néocoloniaux contre toute contestation populaire, afin de prolonger le mobutisme au Congo. C’est cette ligne politique démocratique et anti-impérialiste qui l’a conduit à la tête de l’AFDL. Cette plate-forme a négocié une l’alliance aux objectifs différents avec le Rwanda et l’Ouganda dont les actions militaires finirent par emporter Mobutu et son régime. Sa conduite et son attitude pendant toutes les opérations militaire est un exemple. Toutes les pressions pour le contraindre à négocier une trêve, puis un compromis avec l’autocrate Mobutu, furent vaines. «La seule négociation, c’est le départ de Mobutu», répétait-il. Même le négociateur Nelson Mandéla s’y est cassé les dents ! Bref, il était clair dès le départ, que Laurent Kabila était d’une autre trempe que ces pantins que l’Occident impérialiste a l’habitude de placer à la tête de nos pays pour y assurer un ordre conforme à ses intérêts.

Laurent Désiré Kabila face aux manœuvres impérialistes.

Alors les impérialistes ont commencé à lui créer toutes sortes de misères. On a cherché à le ridiculiser, puis à le discréditer, à le diabolise et à l’isoler. Rappelez-vous comment a-t-on voulu le traiter de matamore et de farfelu, lorsqu’il affirmait que son objectif était Kinshasa et qu’il y arriverait dans les 6 mois. Quand il prit le titre de Président de la République, on a fait fi des conditions historiques particulières que traversait le pays pour le traiter de «président autoproclamé», afin de semer des doutes sur sa légitimité. Après la victoire, on a vu ceux-là mêmes qui, quelques semaines auparavant, jugeaient Mobutu «incontournable», et n’étaient nullement choqués de voir ce dernier user de tous les moyens pour éviter toute élection durant 7 ans, se mettre tout à coup à exiger des élections dans les 3 mois ! En effet, ils n’ont pas tardé à traiter Laurent Kabila de dictateur au même titre sinon pire que Mobutu ! Ce genre d’accusations n’était pas un hasard. Le régime Mobutu avait disloqué, désagrégé, ruiné, pourri le pays à un tel point qu’un travail minimum de réorganisation, de remise en ordre aussi bien matériel que moral était nécessaire, si l’on voulait que la victoire militaire se traduise en acquis démocratiques. Et l’occident impérialiste, qui entretient dans le pays, outre les mobutistes, des milliers d’agents parés du titre d’«opposants», savait ce qu’il faisait, en exigeant des élections rapides dans de telles conditions. Comme quoi, on peut bien se servir d’un principe de la démocratie, les élections, pour combattre la démocratie. Mais dans ce cas également, Laurent Désiré Kabila ne céda pas.

 Du côté des alliés du moment, rwandais et ougandais, on s’est vite rendu compte que Kabila n’était pas manipulable, qu’il n’était pas du tout disposé à jouer les hommes de paille. Alors on tenta une première fois de l’assassiner, mais ce fut un échec. La suite, ce fut alors la rébellion. Une rébellion qui n’est qu’un paravent pour couvrir une véritable agression extérieure: celle du Rwanda et de l’Ouganda, sans oublier le Burundi. A cette occasion, on peut remarquer une fois de plus et dans toute sa splendeur, l’hypocrisie de cette fameuse «communauté internationale». En effet, Quand l’Irak a envahi le Koweït, on a immédiatement mis ce pays sous embargo et une coalition militaire gigantesque s’est formée sous la direction des Etats-Unis pour l’attaquer de toutes parts. Mais quand le Rwanda et l’Ouganda, occupent ouvertement une partie du Congo et y pillent sans vergogne les richesses, qu’a donc fait cette «communauté internationale» ? Ce sont les agresseurs qui continuent à recevoir aides et subventions des fameux «bailleurs de fonds», tandis que Laurent Kabila est traité d’autoritaire, de ne pas accepter le dialogue !

Le facteur décisif était le facteur interne.

 kabilaMais loin de céder, il avait décidé de faire face. Sans doute a-t il bénéficié du soutien de l’Angola, de la Namibie et du Zimbabwe. Il savait que le facteur décisif était le facteur interne, c’est-à-dire la prise de conscience patriotique, la mobilisation et l’organisation des masses.  Malgré tous les obstacles tant internes qu’externes, Kabila s’était attelé à cette noble tâche. Ainsi, on a vu des jeunes commencés à s’enrôler en masse dans l’armée. Celle-ci ne s’est pas effondrée, comme certains s’y attendaient. Bref, la situation était certes difficile, mais il devenait de plus en plus évident que le temps travaillait en faveur de Laurent-Désiré Kabila et du peuple congolais. Alors à qui profite le crime ? Il ne fait aucun doute que son assassinat arrange les ennemis du peuple congolais, notamment l’Occident impérialiste. Ce dernier dissimule à peine son soulagement. Il suffit pour s’en convaincre, de parcourir la presse de l’époque: de nombreux journaux ne parlent que «d’autoritarisme» et laissent entendre que sa mort lève un obstacle à la paix.

 La grande leçon, c’est qu’il lui a manqué l’organisation capable de traduire, de matérialiser ses idées. Ce problème aurait donc dû être résolu avant même la prise du pouvoir, mais ce n’était manifestement pas le cas. Dans ces conditions, qu’il ait même réussi à tenir aussi longtemps, c’est déjà  là une preuve de sa capacité. Mais nous devons retenir la leçon et nous dire que notre tâche prioritaire, c’est dès maintenant d’apprendre, d’étudier, nous organiser, nous donner une formation technique et politique, si nous voulons réellement participer à l’édification d’un Togo réellement démocratique.

Bruxelles, le 17  janvier 2016

Le Front des Organisations Démocratiques Togolaises en Exil

Infos : www.togoenlutte.org

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